Du fil de pêche

C’est ici à Dakar, que je les ai vus pour la première fois ; petits et légers ou encombrants mais majestueux, ils trônaient de ci, de-là avec leur dégaine colorée et leur bonne bouille ;  un moyen très simple de savoir à qui est destinée la commande… les couleurs austères sont réservées aux seuls Européens ;

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sobres parfois et décalés toujours, je les  rencontre maintenant à tous les coins de rue et même en Europe ;

j’aime les voir travailler au bord des rues sur les trottoirs ; la chaleur ambiante leur interdit de se retrouver confinés dans un minuscule atelier ; les nombreuses pannes d’électricité aussi d’ailleurs….

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l’entreprise n’appartient pas à une seule personne ; ils sont tous “petits frères” ; parfois même ils rajoutent “même père, même mère” comme si cela les étonnaient eux mêmes…

dans leur book, on trouve tant des balancelles que des chaises longues ou des bergères ; chaque modèle est photocopié et chaque réalisation photographiée ; je trouve que les petits fauteuils seventies se prêtent particulièrement bien à ces interprétations ; les accords de couleur sont la plupart du temps tout à fait réussis ; c’est bariolé, brillant : ça a du punch et de la vigueur ;

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ps : le second numéro est faux, vous devez remplacer le premier 59 par 58 ; les renseignements ne seront modifiés que lorsque ce lot de cartes de visite sera épuisé ;

pps : ils sont fermés le dimanche car ils sont catholiques ;

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Atmosphère…

Matières & textures…

Hommage à la nature, à la terre….

Lorsque la main de l’homme s’en empare et s’en inspire, la maison s’entoure de douceurs….

Lorsque le temps y dépose sa patine, lorsque le soleil attendrit certaines nuances…

Saisir cette lumière qui éclaire le Sud, mon Sud et nourrit d’inspiration les maisons…


panier

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L'art de la chine au Sénégal

Nous avions l’habitude d’aller chez lui, mais notre emploi du temps un peu mouvementé nous avait quelque peu éloigné de sa boutique ; moins sombre que les autres avec certains des “artifices” que les européens apprécient ; du bois ciré mais point trop n’en faut, de la poussière patiemment accumulée et des bibelots rangés par famille d’objets ;

je ne sais pas si ce terme convient pour décrire la foultitude de merveilles amassées ;

les spécialistes me le concèderont, il conviendrait de parler de “pièces”; de belles factures pour la plupart elles venaient de toute l’Afrique ; des tissus Kuba du Zaïre en raphia teint, des tabourets de brousse Sénoufo en bois de fromager à la belle patine blonde, des pilons à céréales du pays Baoulé en Côte d’Ivoire usés à force d’usage… tout un univers que j’affectionne particulièrement ;

j’ai été à bonne école sans doute car mon mentor m’initia avec la souplesse nécessaire à un bon enseignement ;

dans son grand boubou noir en bazin empesé, Alpha nous accueillit donc avec la faconde et le sourire propre aux Africains ; les dernières nouvelles s’échangèrent : le temps, la famille, les enfants, les fêtes qui approchaient … la revue de presse achevée, il s’assit pour nous laisser nous emplir les yeux ; il savait très bien que nous avions, l’un et l’autre besoin de temps pour évaluer sa marchandise en fonction de nos coups de cœur ;

lors de mon dernier passage, j’avais été attirée par des merveilles de colliers d’ambre anciens avec des perles énormes allant du jaune pâle au rouge presque noir ; curieuse ou bien désireuse de passer un bon moment je l’interrogeai ; s’ensuivit une leçon magistrale concernant les origines de ces bijoux composés peu à peu au fil des ans car il n’existe quasiment plus de colliers originaux ; tous ont été démantelés par les accidents de la vie ; de chaque perle approximativement taillée il connaissait l’histoire et savait qui avait été son marchand et dans quelle circonstance ; translucide lumineux et veiné à l’opaque patiné, l’ambre est attirant….

colliers en ambre

assise dans un majestueux fauteuil en bois d’arbre je l’écoutai, fascinée que j’étais par sa science ainsi que par son humour ;

j’y aurais passée des heures ; et c’était normal, j’étais en Afrique ;

après nous être enquéris de la valeur de diverses pièces et d’avoir parlé à bâtons rompus le marchand revint sur un masque qui avait attiré notre attention ; superbe, il avait soi-disant “dansé”; un masque porté lors d’une danse rituelle signifie qu’il a participé à la vie du village il y a longtemps à l »époque ou les cérémonies étaient de la plus haute importance pour une commémoration par exemple ; celui-ci venait des îles Bijagos ou les traditions initiatiques sont encore très fortes ; celui qui ose déroger aux règles communautaires et emporter le masque hors de l’ile s’expose pour le sur à la colère de ses pairs…

le jeu du chat et de la souris avait commencé et je m’en délectais ;

chacun avait un seuil qu’il ne pouvait enfreindre ;

plus longtemps il saurait résister aux “griffes” du marchand et mieux il serait considéré ;

c’était le jeu et il savait qu’il ne pouvait s’y soustraire ;

sa longue expérience de la palabre le guidait vers le chemin de l’indifférence ;

la discussion semblait s’enliser et puis comme la pétrel qui plonge sur le poisson du déjeuner elle rebondissait et nous emmenait vers d’autres ethnies et d’autres histoires ;

le couperet tomba peu avant l’heure du déjeuner ; par un miracle que seule la nature humaine sait délier le prix était convenable pour les deux parties ; chacun y trouvait son compte et personne n’y perdait ;

l’honneur était sauf ;

jamais cela n’avait tourné à l’altercation car c’était un jeu dont chacun connaissait très précisément les règles et les usages ; un “mboro” conclut le marché, la main tendue et les doigts claquèrent ; une accolade scella la transaction et le masque-heaume fut emballé ; le marchand me redit qu’il avait la négociation dans le sang et qu’il en maitrisait les coutumes ;

et qu’il aurait d’ailleurs pu naître en Afrique…

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Notre boutique bio

Elle part très tôt le matin faire ses achats au marché Kermel ; là-bas elle y trouve quelques produits importés, du Maroc principalement ; mais, la grosse majorité des fruits et des légumes provient de la région des Niayes, dans le nord du pays en dessous de St Louis du Sénégal et proche du désert de Lompoul ;

après avoir palabré le temps qu’il convient et pris des nouvelles de tous ses fournisseurs, Dienaba remonte dans son camion quelque peu brinquebalant conduit par « son petit frère » et revient dans notre quartier pour nous proposer une « petite » foultitude de fruits & légumes ; de vieux cageots maintes fois réutilisés, un pezon et une balance antique sont ses seuls outils ;

toujours d’humeur égale, elle se fait fort de nous procurer les racines de coriandre pour une soupe thaïlandaise ou bien les pois mangetout vendus d’une manière quasi confidentielle au marché ;

des liens se sont noués entre nous et dans mon panier il y a toujours le fruit « cadeau » pour mes têtes blondes…

sa tournée est longue et la dernière fois que je l’ai rencontré au mois de septembre, il faisait si chaud…

[Galerie non trouvée]

Et… j’aime beaucoup ça !

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Le bio & moi

je redécouvre mon Entre-Deux-Mers ; c’est normal car  j’y vis de nouveau ; mais j’y vis en « share time » puisque je virevolte entre la Fronce et le Sénégal ;

alors, je fais comme tout un chacun débarquant dans un nouveau lieu : je visite, je découvre de nouveaux lieu, je rentre dans des boutiques punchy avec des vitrines magnifiques et des petites dames tout à fait adorables qui répondent avec beaucoup de gentillesses à mes questions ; et là au détour de mes vagabondages j’ai découvert une nouvelle boutique de produits bios  grande et avenante ; je dois avouer humblement que c’était “ma première fois” ; et ne voulant pas mourir idiote, j’ai poussé la porte ;

une boutique faussement chaleureuse avec des produits sur des étagères de bois, avec un look aussi ringue qu’un magasin en ex-URSS ; quelques pains sur un immense présentoir ou le plus méritant s’arracherait le dentier et à côté des produits d’une unique marque “Mar*al” ;

Mar*al par ci, Mar*al par là, en vrac en paquets, j’avais l’impression de ne pouvoir y échapper…

de plus, certains produits dont je connais bien l’origine  (vous savez bien, je suis née là-dedans ! ) étiquetés comme bio… permettez moi d’en sourire ;

comme vous, je me suis un peu baladée dans mon existence, comme vous j’ai été obligée de partir à la découverte et de tester certains produits à une époque ou internet n’existait pas pour faire une recherche rapide sur g*ogle ; et bien là, je me suis retrouvée dans l’exacte situation ou les produits n’étaient réservés qu’aux initiés ; les produits dont le nom m’évoquait quelque chose pêchaient par un emballage miséreux au look des années d’après guerre ; tout ça me donnait l’impression d’être dans le dernier lieu à la mode en Allemagne ou la génération de l’ex R.D.A reproduit ce qu’elle a eut tant de plaisir à quitter ;

et le pire c’est que tout était comme ça…vous vous rendez compte, une boutique entière ? j’avais l’impression d’entrer dans une secte… me vient de ces drôles d’idées parfois…

alors, finalement, je me dis que je préfère mille fois trouver un rayon bio correctement achalandé dans mon supermarché habituel pour me permettre d’y faire mes gammes ; pour découvrir les produits à ma convenance et à mon rythme ; pouvoir simplement craquer devant une belle boite en fer pleine de douceurs qui empliront de joie (pendant quelques courts instant ) mes têtes blondes et qui me servira un jour… de boite à clous ;

en fait, avoir le choix et me laisser mon libre arbitre ; c’est plutôt ça que je revendique ;

et à dire vrai, c’est plutôt ça que j’aime…

marché en afrique

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Tranches de vies… bis

montage oiseaux

montage animaux

un warran,

un bélier qui fait du gras et attend la tabaski,

un dromadaire,

trois ânes…

J’aime bien ça aussi ;


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