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Un couscous différent, le thiéré mboum

Elle s’appelle Khadija, mais nous avait demandé de l’appeler Khady  et elle habite tout près de l’embarcadère pour l’île de N’gor au Sénégal ;

vous la connaissez peut-être ;

pour les enfants, elle était invariablement « Khady la petite souris » terme toujours très affectueux ;

bien belle personne avec un sourire franc, un rire sonore et un port de reine ; musclée comme seule peuvent l’être les africaines qui ont l’habitude de parcourir des kilomètres à pied pour aller chercher de l’eau au puit ou bien rentrer chez elles lorsqu’elles n’ont plus le courage d’attendre les Ndiaga Ndiaye, ces camionnettes transformées en bus ou supporter la chaleur mêlée à la promiscuité devient un exercice exténuant ;

ce jour là, elle avait tenu à réaliser elle même son plat préféré ;

elle savait aussi que c’était le plat favori des molécules lorsqu’ils déjeunaient sur la plage après le suf…. toute en générosité, je vous dis ! 🙂

je vous livre ici sa recette familiale ;

Vous avez besoin

500 g de couscous de mil « thiéré »

500 g de poisson frais au choix

150 g d’arachides en grains

1 choux pommé ou choux chinois ou bien feuilles de neverdaye (feuilles de manioc)

5 ou 6 belles carottes

1 grosse patate douce épluchée

2 tomates

1 cuillère à soupe de concentré de tomates

3 ou 4 gousses d’ail

2 gros oignons émincés

 piment

1 cuillère à soupe de grain de poivre noir

1 cube de bouillon Jumbo

50 g de lalo

Commencez par préparer le « nokoss » ; armez-vous d’un mortier et pilez finement les gousses d’ail, le piment , du poivre noir (les saveurs sont différentes), les deux oignons émincés et le bouillon cube ;

ensuite dans le bas du couscoussier étuvez le chou dans un litre d’eau pendant environ 30 mn avec les carottes et la patate douce coupées en tronçons ;

si vous avez la chance d’utiliser des neverdayes, laissez les cuire plus longtemps, une heure environ ; vous pouvez rajouter des navets ainsi que des tubercules de manioc ;

pendant ce temps, mélangez bien la poudre de lalo avec l’eau nécessaire pour cuire la semoule de mil ; un litre d’eau voire 1,25l sera nécessaire pour réhydrater le couscous et le cuire à la vapeur ; versez la semoule imbibée d’eau tiède et de lalo dans le haut du couscoussier ; parsemez-la de morceaux de beurre ou bien de ghee et laissez cuire selon votre habitude ; il aura simplement une couleur plus foncée que la semoule de blé ;

lorsque le chou est cuit vous pouvez soit le couper en lamelles fines soit le laisser couper en tronçons comme ici ; 

dans un autre pilon, réduisez les arachides en poudre, tamisez et rajoutez les débris dans le nokoss ; épluchez et découpez les tomates en petits dés, puis mélangez au concentré de tomate ; Khady mettait toujours plus de concentré de tomates ;

remplissez le bas du couscoussier (vidé de l’eau parfumée au chou) d’environ 1/2 litre d’eau et ajoutez tous les ingrédients que vous venez de préparer : le nokoss, la farine d’arachide, les tomates, les légumes et terminez par le poisson ; lorsque le poisson est trop gros, je préfère utiliser un contenant plus large que le couscoussier ;

laissez mijoter une petite demie heure ;

c’est prêt à déguster ;

il existe de nombreuses variantes de ce couscous de mil ; le Thiéré Tamkharit, préparé avec du poulet et des pieds de mouton séchés ; il est préparé lors de la fête religieuse éponyme ainsi que pour de nombreuses autres fêtes familiales ;

vous pouvez ajouter haricots secs, les niébés dans la semoule et même des dattes ; n’oubliez pas de faire tremper les haricots pendant une nuit et ensuite de les cuire environ 2 h ;

niébés ou haricot cornille baobabs, arbre de la Térenga au Sénégal

le baobab a de nombreuses vertus thérapeutiques ; ses fruits sont appelés  « pain de singe » ; le jus de « bouye » issu de la pulpe de ces fruits est particulièrement utilisé pour le rhume des fesses…. le vocabulaire utilisé en Afrique de l’Ouest est tout simplement… désopilant !

 c’est un arbre qui pourrait vivre près de 2000 ans….

Enjoy !

 

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2 comments on “Un couscous différent, le thiéré mboum

  1. Je crois que c’est une des recettes les plus exotiques que j’ai jamais lues – extremement depaysante.

    • Merci Gracianne, je prends ça comme un compliment ; 🙂
      dommage que je n’ai pas gardé en tête les recettes d’ergots d’éléphants et de « lacoste »….

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