La coupe du porc
By dumè B | février 1, 2010
Vous ai-je déjà raconté la tuerie du porc à la maison lorsque j’étais ado ? bof, cela n’a pas vraiment grande importance car se faire réveiller le jeudi matin (eh oui, la coupure de milieu de semaine avait lieu le jeudi) par un cochon en train de hurler à la mort (mille pardons pour ce mauvais jeu de mot) ce n’était pas franchement ma “tasse de thé” ;
j’en ai cependant retenu que “dans le cochon tout est bon” ;
donc, le dessin ci-dessous représente la coupe d’un jouli goret ; les numéros renvoient aux différents morceaux avec la découpe propre à chacun ; vous les trouverez probablement comme-ça dans votre supermarché ou bien chez votre boucher-charcutier ;
1-
la tête se vend généralement entière ; la viande qu’elle contient, comme la langue ou la cervelle fait partie des abats ; les oreilles sont un mets de roi lorsqu’elles sont pochées puis grillées ;
2- le lard gras se vend accompagné ou pas de sa couenne ; on l’utilise pour barder un morceau maigre à rôtir ; on peut aussi le couper en bâtonnets pour “piquer” dans la viande et lui apporter du moelleux ; je l’utilise pour foncer une terrine ou bien pour enrichir une soupe de légumes toute simple ;
3- l’échine est un morceau tendre, charnu et entrelardé ; c’est une viande économique que l’on peut rôtir, braiser ou bien pocher ; je la trouve en rôti désossé tout prêt ou bien en côtelettes à griller ;
retrouvez ici le rôti de porc aux pommes et aux haricots rouges ;
4- la palette est l’os et la viande de l’omoplate que l’on détache de l’échine ; la chair est tendre ce qui fait que l’on peut l’utiliser également en rôti ; ma préférence va aux rillettes ou bien aux plats chinois ou il faut émincer finement la viande ;
retrouvez ici la salade de viande aux pétales de rose ;
5- on divise ce morceau de 1er choix en côtelettes à griller ou à poêler ; le carré entier avec os ou bien désossé peut être utilisé en rôti ou en ragout ;
6- on peut rôtir ce morceau de 1er choix avec l’os ou bien désossé et roulé ; le filet mignon (tendre et maigre) se retrouve sous le milieu et la pointe du filet ; rôti entier ou bien découpé en noisettes à poêler il est délicieux ;
retrouvez ici la recette du filet mignon de porc sucré / salé ;
7- ce petit morceau est osseux mais particulièrement tendre et savoureux ; Sa chair est moins sèche que le milieu du filet et un peu plus maigre que l’échine ; on peut la rôtir, la braiser ou bien la détailler en côtes à poêler, griller ou braiser ;
8- vous le connaissez sous l’appellation jambon de Bayonne, de la Montagne Noire ou bien jambon de Paris ; savez vous que vous pouvez l’utilisez frais en le faisant poêler, griller ou rôtir ?
retrouvez ici le jambon entier rôti aux herbes du jardin ;
découpé en tranche cela s’appelle la rouelle ;
retrouvez ici la rouelle de porc aux pommes et aux choux de Bruxelles ;
9- le jambonneau arrière est un morceau maigre et osseux qui est moins tendre que le jambon ; vous le trouverez souvent légèrement salé (demi-sel)
10- la poitrine se vend normalement avec la couenne mais sans les os ; la partie la plus épaisse qui se trouve au milieu du porc contient plus de viande que la partie la plus fine située à l’arrière ; on la trouve en tanche fine à griller ; je préfère la pocher au préalable pour la dégraisser ; de nombreuses recettes de cuisine asiatique l’utilisent ; elle est parfaite pour les saucisses, les rillettes et les terrines car elle contient du maigre et du gras ;
retrouvez ici la recette des rillettes ;
les travers de porc ou les « ribs » sont la partie supérieure de la poitrine légèrement dégraissée mais pas désossée ;
retrouvez ici la recettes des travers de porc marinés puis grillés au piment d’Espelette ;
la poitrine salée s’appelle « petit-salé », lard maigre ou bien « ventrèche » dans le Sud-Ouest de la France, « pancetta » en Italie… fumée elle devient du bacon ou du lard fumé ;
retrouvez ici la recette du risotto de lentilles au lard fumé ;
ici une recette de pâtes à la « pancetta » et au thon ;
découvrez une « tartinade » au poireau, à la vache qui rit et à la poitrine fumée ;
11- l’épaule se prête bien aux cuissons lentes car elle est moins fine de goût ; braisée avec ou sans os, ou alors coupée en dés et cuite en ragoût elle s’avère particulièrement économique pour une grande tablée ;
retrouvez ici la potée de mon village ;
12- le plat de côtes est un morceau coupé en tranches de l’intérieur de l’épaule ; frais, vous l’utiliserez braisé ou en ragoût ; mais on le vend le plus souvent « demi-sel » sous le nom de petit salé ; faites le dessaler et utilisez le comme du frais ;
13- le jambonneau avant est un morceau osseux et gélatineux qui se prête parfaitement au salage et au pochage ; essayez-le chaud ou froid selon vos préférences, sans sa couenne et enrobé de chapelure ;
il a été parfait pour un cassoulet à ma façon ;
14- les pieds de porc frais se font longuement pochés ; il faut d’abord les ficeler sur une petite plaque pour qu’ils gardent leur forme et ne se recroquevillent pas ; ils sont ensuite traditionnellement les recouvrir de chapelure et grillés ; si vous vous en sentez le courage essayez de les désosser, de les farcir et de les recoudre ; j’entends parler de cette fabuleuse recette au foie gras depuis… depuis !
ils sont incomparables pour apporter de la gélatine dans vos terrines et enrichissent vos bouillons pour les gelées ;
en résumé, le porc se prête à de très nombreuses recettes et improvisations ; sachez seulement quel sort réserver à chaque morceau lorsque vous faites vos courses ;
n’hésitez pas à utiliser la méthode de la cuisson douce lorsque vous souhaitez le faire rôtir ;
il donnera alors le meilleur de lui-même ;
crédit illustrations : Ingrid Jacob











8 Comments
marylène sud on 1 février 2010 at 14 h 28 min.
et avec la poitrine : la ventrèche!!!
Bige on 1 février 2010 at 14 h 54 min.
Comme je te le disais, le lard gras, appelé aussi lard blanc, se consomme, après séchage (sel, poivre et épices, thym…), coupé en très fines tranches sur du pain de campagne grillé. C’est une variante commune à la savoie et à la Vallée d’Aoste. Les amateurs en mangeraient sur la tête d’un pouilleux…
Et bravo encore pour cet article : très complet et juste (mais sur ce point, je ne doutais pas de toi) tout en étant pédago.
dumè = douxmets = dominique on 1 février 2010 at 17 h 54 min.
Welcome chez Dumè, Bige !
la Savoie, tout comme la vallée d’Aoste sont des régions montagneuses ou l’on avait probablement besoin d’aliments « qui tiennent au corps » ;
mais le lard blanc grillé ou bien simplement séché ?
au fait j’utilise la même expression que toi, qui d’ailleurs horripile mes proches mais que j’adore…
gracianne on 2 février 2010 at 14 h 20 min.
Quelle grande bouffeuse de cochon cette Dumè ! Il est très chouette ce billet, j’aime beaucoup les illustrations. Les lychees aussi, sont tout mignons.
dumè = douxmets = dominique on 3 février 2010 at 6 h 09 min.
merci Mamzelle, j’ai mis du temps à le rédiger mais je pense qu’il sera utile ( à moi la première d’ailleurs !) ; pas évident lorsque l’on se retrouve devant un étal de déterminer à quelle sauce on peut accommoder tous ces morceaux ;
Bige on 2 février 2010 at 18 h 59 min.
Merci pour cet accueil fort sympathique !
Le lard blanc non pas grillé mais salé et séché comme… la pancetta, par exemple.
Et l’expression, je suppose, a trait à la tête d’un pouilleux ?!
Allez, je file, Miss2 s’impatiente (et je suis taxi-girl, aussi…).
@ très bientôt par ici,
François-Xavier Bodin on 12 février 2010 at 9 h 04 min.
Grand mangeur de porc, je croyais le connaitre, mais j’ai appris plein de choses. Merci pour cette carte du porc.
dumè = douxmets = dominique on 15 février 2010 at 9 h 44 min.
Welcome chez Dumè jeune homme. Bien contente que ce billet puisse t’être utile.